Publié le Novembre 12 2011
Récemment, l'initiative « Visa pour startups » a fait l'objet de nombreux débats au Canada et aux États-Unis. Son principe repose sur une modification de la politique d'immigration permettant de classer les entrepreneurs comme une catégorie de travailleurs et de leur donner ainsi la possibilité d'entrer sur le territoire. Il est indéniable qu'attirer davantage d'entrepreneurs est un atout pour un pays. Statistiquement, la grande majorité, voire la totalité, des créations nettes d'emplois dans les économies canadienne et américaine provient des startups. Les entrepreneurs génèrent également une richesse par habitant bien supérieure à celle des autres catégories de travailleurs et sont généralement plus instruits que la moyenne. De plus, les entrepreneurs du secteur technologique sont plus enclins à embaucher d'autres technologues du pays et à les rémunérer en conséquence. En résumé : les pays ont tout intérêt à attirer des entrepreneurs. Malheureusement, il existe un conflit fondamental entre les systèmes d'immigration traditionnels et l'univers des startups. La plupart des pays occidentaux autorisent l'immigration dans quatre grandes catégories : les travailleurs qualifiés, les étudiants, les personnes fortunées et les réfugiés. Mis à part le statut de réfugié, considéré comme un cas particulier, les trois autres voies d'immigration ne s'appliquent tout simplement pas à la plupart des entrepreneurs.
Selon ces critères, Bill Gates, Steve Jobs, Mark Zuckerberg, Sergey Brin et Larry Page n'auraient pas réussi à s'installer aux États-Unis pour créer leur entreprise. C'est un problème. Entrer le Visa de démarrage Le défi pour les partisans du visa pour startup réside dans la définition de l'entrepreneur. Les pays ne souhaitent pas créer un système où chacun se considère comme entrepreneur (vendre des produits anciens sur eBay, ne pas gagner le salaire minimum et ne pas avoir les moyens de développer son activité n'est pas de l'entrepreneuriat). Visa pour startup Canada propose de remédier à ce problème en appliquant un critère décisif, similaire à l'exigence actuelle d'offre d'emploi : un financement de 150,000 XNUMX $ provenant d'un investisseur accrédité. Bien que cela soit certainement préférable à l'absence totale de critère, je recommande un autre ensemble de critères et suggère une voie supplémentaire pour attirer des entrepreneurs potentiels dans le pays. 1. Le critère d'investissement Ce système confère un pouvoir disproportionné au secteur du capital-risque. Il exclut également plusieurs scénarios de création de startups. Aucune de mes propres entreprises, SunnyBrook, BrightSide et TandemLaunch par exemple, n'aurait été admissible dans ce cadre. SunnyBrook n'a pas atteint le niveau d'investissement requis à ses débuts ; BrightSide a obtenu la majeure partie de son financement auprès d'investisseurs providentiels et d'investisseurs étrangers (tous accrédités, mais dont beaucoup ne résidaient pas au Canada) ; et TandemLaunch a été rentable dès son lancement et n'a donc pas eu besoin d'investisseurs. Ma contre-proposition consiste à utiliser un indicateur de retombées économiques directes pour le Canada comme critère déterminant : la création d'emplois. Si, en tant que fondateur, vous êtes votre seul employé et que vous n'avez pas les moyens de verser des salaires, votre startup échouera. À un moment donné, votre entreprise devra se développer et vous devrez au moins commencer à payer certains employés au salaire minimum. Je comprends qu'il n'y a pas de corrélation directe entre le succès d'une startup et la création d'emplois à grande échelle, mais une certaine croissance est nécessaire pour qu'une entreprise puisse se considérer comme réussie. Je recommanderais donc que, pour les entrepreneurs, la création d'au moins deux emplois (deux fondateurs ou un fondateur et un employé) rémunérés au salaire minimum ou plus soit exigée, que les fonds proviennent d'investissements ou d'autres sources. Cela garantit un certain niveau de compétences entrepreneuriales, tout en permettant la flexibilité et la diversité propres aux jeunes entreprises. On pourrait imposer l'embauche d'un Canadien pour l'un de ces emplois si l'on souhaite ajouter une dimension nationaliste à la proposition (je ne le recommanderais pas, mais les politiciens ont souvent recours à ce genre d'outils pour plaire à l'opinion publique). 2. L'arbitraire distinction entre les études et le travail doit absolument changer. Il peut sembler logique que les permis d'études ne permettent pas de travailler et que les permis de travail ne permettent pas d'étudier, mais obliger les nouveaux arrivants au Canada à choisir entre l'un ou l'autre limite en réalité leur contribution potentielle au pays en tant qu'entrepreneurs technologiques. Si un immigrant décide de conserver son permis d'études, la société se prive d'une start-up potentiellement lucrative, fondée par une personne déjà présente, engagée et admise au Canada. Pire encore, si un candidat privilégie l'entrepreneuriat à ses études, la société se retrouve avec un entrepreneur sans solide formation académique. Si la chance sourit à la société et que cette start-up réussit, à l'instar de Facebook ou Microsoft, c'est une victoire pour tous ! Mais comme la plupart des start-up échouent, on risque de se retrouver avec une entreprise vouée à l'échec et une personne aux perspectives et à la formation limitées, bloquée au pays. Il est plus judicieux d'autoriser les étudiants à travailler comme entrepreneurs, à condition qu'ils maintiennent une certaine moyenne générale et répondent au critère de création d'emplois. Les entrepreneurs du secteur technologique sont parmi les meilleurs types d'immigrants, car ils créent des emplois. Tout ce qui entrave l'attraction et la rétention de jeunes talents entrepreneuriaux nuit directement à notre société. Bien que les demandes croissantes de visa pour startups au Canada et aux États-Unis soient positives, l'investissement en capital-risque ne devrait pas constituer le critère de sélection des candidats. La création d'emplois et de richesse représente le principal avantage pour la société et devrait donc être le critère ultime. 8 novembre 2011
Tags:
Entrepreneuriat
environnement entrepreneurial
immigration
la création d'emplois
Visa de démarrage
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